Mode Homme – Collections automne hiver 2010/2011
Par Garance | 19 février 2010 | Catégorie : Mode | Pas de commentaire »
La semaine passée, à Milan puis à Paris, les grandes griffes de prêt-à-porter ont présenté leurs collections masculines pour l’hiver prochain. Une saison qui s’annonce cool, fonctionnelle et très portable.
À chaque saison, ses « big trends » comme on dit dans le milieu modeux. Comprendre les tendances vestimentaires que, sans se consulter, la plupart des marques ont étrangement suivies. Comme si l’époque les imposait, inévitables, nécessaires, par-delà l’individualité des créateurs. Il existerait ainsi une espèce de goût du jour, communément appelé air du temps, qui soufflerait les réponses aux stylistes, consacrés pour le coup ambassadeurs de l’allure de leurs contemporains.
La semaine dernière, à Paris et à Milan, où les griffes de prêt-à-porter de luxe présentaient leurs collections masculines pour l’automne-hiver 10-11, dès les premiers jours on a ainsi vu défiler sur une majorité de catwalks une batterie de frocs conforts et régressifs : caleçons, leggings, sarouels, joggings, grenouillères même.
Très portable, orientée cool et fonctionnelle, donc chiffres de vente et rentabilité, la garde-robe masculine confirme un retour au luxe discret, à l’essentiel et à un certain classicisme. Mais subtilement twisté et taillé dans des matières d’exception pour rencontrer le désir d’originalité de ces messieurs et faire encore la différence malgré le sursaut fashion des chaînes grand public.
Ce refus général de l’ostentation et des pièces trop excentriques, plus vite démodées que les valeurs sûres, reflète comme on le sait la frilosité d’un marché frappé par la récession économique. Autre réaction à la crise : un courant fort de mode virile et combative, incarnée par une profusion de références au sport, aux vêtements militaires, au rock dur parfois. Ou quand l’habit se fait bouclier et tente de conjurer le sort.
Côté créateurs belges, il faut noter
- Qu’il ne faut pas se fier au thème tarmac d’aéroport et avion de chasse chez Walter Van Beirendonck qui propose une collection plus terre-à-terre et portable qu’à l’accoutumée. Pour ne pas faillir à sa réputation, faut pas pousser, le Belge se lâche à la fin de son show avec mecs en leggings et chaussures à talons et femmes à chapeau d’hydrocéphale dans une ambiance Lewis Carroll sous LSD.
- Que Kris Van Assche est de loin un de nos stylistes préférés, subtil et sincère. C’est fluide et carré, c’est urbain, c’est moderne et intelligent, dans les gris, les noirs, les bleus.
- Que Dries Van Noten adopte la même stratégie que les Dolce & Gabbana et la maison Burberry : retour aux sources. Son défilé ressemble un peu à catalogue de tout ce qu’il a déjà fait (pantalon feu de plancher, collision de motifs…). A noter ce détail : la musique était diffusée via des petits baladeurs portés par les mannequins. Fausse bonne idée : l’ambiance était un peu molle et brouillonne.
- Que Raf Simons a du penser au peintre Lucio Fontana en pratiquant une saignée au dos d’un des manteaux qu’il a dessiné pour la collection Jil Sander, faussement sage et doucement radicale cette saison. Les formes organiques parsèment en effet chemises, manteaux et pantalons.
- Que l’on retrouve une ambiance particulièrement glaciale, à la limite du morbide chez Ann Demeulemeester, collant parfaitement avec le style non-conventionnel de la créatrice anversoise. Le défilé, entre grunge-chic et gothique, est une succession de tenues très graphiques et étudiées savamment. Agréable surprise !
(source : levif.be)





