Wim Delvoye chez Rodin
Par Delphine | 15 juin 2010 | Catégorie : Actu, Expos | Pas de commentaire »
Dans le cadre de sa programmation d’art contemporain, et en écho à l’exposition « Corps et décors, Rodin et les arts décoratifs », le musée Rodin invite le belge iconoclaste Wim Delvoye à exposer une sélection d’oeuvres emblématiques au sein de l’hôtel Biron et dans la cour d’honneur du musée. A découvrir jusqu’au 22 août .
« Jamais je n’aurais pensé être invité un jour comme artiste chez Rodin », déclare à l’AFP Wim Delvoye, 45 ans. « Quand j’étais enfant, j’ai souvent visité son musée avec mes parents. Venir à Paris était une récompense quand j’avais bien travaillé à l’école », se souvient l’artiste qui vit à Gand, en Belgique. Le musée Rodin, qui renoue ces dernières années avec la tradition d’inviter des artistes vivants, rappelle qu’en son temps le sculpteur Auguste Rodin a été un « artiste scandaleux ». « L’idée est de redécouvrir Rodin avec le regard un peu décapant de Wim Delvoye, son sens du paradoxe et des associations », indique Noëlle Chabert, conservatrice au musée. « Wim Delvoye pose la question de l’ornement et du décoratif et dynamite les notions de bon et de mauvais goût », souligne-t-elle.
Lunettes à monture rouge, allure juvénile, Wim Delvoye regarde avec fierté sa sculpture monumentale « Torre » (2009-2010), installée dans la cour d’honneur de l’Hôtel Biron. Cette tour en acier de style néogothique atteint plus de dix mètres de haut. « Je continue le gothique là où il s’est arrêté. Je ne le copie pas », insiste Wim Delvoye. « Avec les moyens techniques et les ordinateurs dont nous disposons aujourd’hui, nous nous devons de faire mieux », avance-t-il. C’est aussi grâce aux ordinateurs qu’il a pu réaliser la série des « Helix », sculptures en bronze en forme de molécule ADN où s’enroulent une succession de crucifix. « C’est comme une danse », relève Wim Delvoye.


L’exposition présente également deux bonbonnes de gaz (1988), ornées d’un décor à figures rouges sur fond noir, similaire à celui d’un vase grec. Une façon de dynamiter la question du décoratif en rompant la cohérence supposée entre le motif ornemental et la fonction de l’objet.
Une maquette du portail de l’atelier de Gand reprend des éléments chers à l’artiste: la figure de « Monsieur Propre », agrémentée d »un intestin ou les logos des grands studios de cinéma américain.
L’atelier de Gand abrite les installations « Cloaca » construites à partir de 2000. Elles reproduisent scientifiquement l’intégralité du processus de la digestion chez l’être humain, excréments compris. « Il y a huit machines Cloaca qui ont été présentées de par le monde. Mais je refuse de les vendre car on ne vend pas la poule aux oeufs d’or », déclare Wim Delvoye. En revanche, les excréments s’achètent, fort cher. Wim Delvoye possède également une ferme à cochons en Chine. Les animaux y sont tatoués (après anesthésie) avec des motifs tirés de Walt Disney ou populaires. De leur vivant, les bêtes sont choyées et libres de leurs mouvements. A partir d’un certain poids, elles sont abattues et naturalisées.
En février, une exposition au musée d’art moderne et contemporain (Mamac) de Nice, montrant sept de ces cochons naturalisés, avait indigné des associations de défense des animaux. Au musée Rodin, les œuvres de Wim Delvoye viennent en résonance avec une exposition « Corps et décors » consacrée aux arts décoratifs et à la décoration monumentale chez Rodin. Quelque 160 œuvres dévoilent cette dimension peu connue du sculpteur. (Source : AFP)
Corps et décors – Wim Delvoye
Du 16 avril au 22 août.
Musée Rodin
79, rue de Varenne
75007 Paris
www.musee-rodin.fr
Wim Delvoye – Gandagas from Musée Rodin on Vimeo.




