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La régate

Se basant sur son vécu d’enfant battu, le liégeois Bernard Bellefroid signe un premier long-métrage d’une force bouleversante. C’est l’histoire d’Alex, quinze ans. Il vit seul avec son père, dans les coups et la violence, en révolte contre tous. Pour échapper à ce quotidien sans répit, Alex se réfugie dans son sport favori, l’aviron, et n’a qu’une obsession, gagner seul et à tout prix les championnats de Belgique. Son entraîneur, Sergi, et Murielle, la jeune fille dont il est amoureux, vont permettre à Alex de redécouvrir les valeurs humaines qu’il avait perdues.

Bernard Bellefroid nous explique la naissance de son film : « C’est un film qui revient de loin pour moi. Pas seulement parce que la genèse du film fut très longue mais bien parce que j’ai toujours su que cette histoire-là deviendrait un film.Je connais bien Alexandre, mon personnage principal. J’ai longtemps regardé le monde avec ses yeux. Comme lui, j’ai longtemps vécu dans une violence que l’on dit domestique, cachée. Comme lui, je scrutais les portes pour m’enfuir. Je sursautais à chaque fois qu’on s’approchait de mon visage. A quinze ans, regarder, observer, épier, c’était les moyens de ma survie. Quinze ans plus tard, regarder est devenu mon métier. Heureusement, les raisons évoluent avec l’âge. A quinze ans, c’était pour se venger. A vingt ans, pour juger. A vingt-cinq ans, pour comprendre. A trente ans, il était indispensable de raconter combien cette histoire était aussi une histoire d’amour. De l’amour qui s’exprime mal mais de l’amour quand même… La Régate n’est pas un film de guerre pour la guerre. C’est un film de guerrier. Un guerrier qui refuserait la guerre. Un déserteur. Ce n’est pas un film qui s’enfonce dans la violence, c’est la trajectoire inverse. C’est l’histoire d’un homme en devenir qui se bat contre lui-même. C’est l’histoire d’un combat intérieur pour devenir un homme libre. C’est l’histoire d’Alexandre qui se dresse contre la fatalité de la violence pour aller à la quête de sa propre humanité, enfouie mais pas disparue. « 


Diplômé de l’INSAS (Institut national supérieur des arts du spectacle), Bernard Bellefroid s’empare d’abord de la caméra en tant que témoin du monde. Sensible aux difficultés sociales locales comme lointaines, il devient documentariste. Au début des années 2000, il réalise plusieurs courts métrages aux titres évocateurs dont ‘Nous sommes au monde et ‘Quand on est mort, on ne respire plus’. En 2005, il part en terres rwandaises pour son premier long métrage documentaire ‘Rwanda, les collines parlent’. Bernard Bellefroid donne la parole à des rescapés du génocide mais aussi à leurs tortionnaires et dessine ainsi le portrait d’une société en reconstruction. En 2007, il installe sa caméra en prison et décrit le quotidien de détenus et de leurs enfants. Bernard Bellefroid change de cap en 2008 puisqu’il investit le domaine de la fiction. Avec ‘La Régate’, il dirige Sergi Lopez dans un drame père-fils où violence et amour se font front.

La Régate, un film de Bernard Bellefroid
Avec Joffrey Verbruggen, Sergi Lopez, Thierry Hancisse, Pénélope Lévêque, David Murgia…
Sortie en salles le 17 Février 2010
Prix du public – Prix de la jeunesse – Festival de Namur 2009 en compétition
Prix du Public à la 22ème édition du Festival Premiers Plans d’Angers
www.laregate-lefilm.com

  • A noter que c’est la luxembourgeoise Claudine Muno et ses Lunaboots qui signent la bande-originale du film. Une jolie voix francophone à découvrir dans un nouvel album : Noctambul (sortie mars 2010 – Green L.F Ant Label).

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