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Rentrée littéraire 2009

En cette période de rentrée littéraire, les écrivains belges font du bruit et mènent la danse sur la scène médiatique. Nothomb, Ancion, Gunzig… Génies d’aujourd’hui contre têtes de pont de demain. La relève est assurée. Et l’Académie va enfin pouvoir dépoussiérer son image. Merci qui ?


Un gentil instituteur sans histoire du nom de Marc Dutroux vit un enfer depuis la découverte des crimes de son homonyme. Ugur, jeune passionné de football dépasse ses craintes pour récupérer l’album Panini qu’on lui a volé. Tom, le chien brun en peluche mène l’enquête sur la série d’agressions dont sont victimes ses amis jouets. Deux idiots organisent un médiocre hold-up dans un pressing entre les fêtes. Une ourse en peluche met tout en œuvre pour se débarrasser du chat du mari de sa propriétaire. Un père Noël de magasin rêve d’enfants sans préoccupations d’adultes. Le premier jour de sa retraite, Andrzej se sert d’un inconnu pour casser la routine. Et enfin, avec son étiquette pour seul indice, Tom, le chien brun, se lance à la recherche de sa mère inconnue.

Les ours n’ont pas de problème de parking regroupe huit nouvelles tout à fait étonnantes. L’originalité ne s’arrête cependant pas aux personnages, les aventures de ceux-ci étant tout aussi surprenantes. Néanmoins, aussi loufoques qu’elles puissent paraître, les nouvelles de Nicolas Ancion conservent toutes une part de réalisme, ne serait-ce que dans les messages qu’elles véhiculent.

  • Les ours n’ont pas de problème de parking, Nicolas Ancion, Pocket


Thomas Gunzig nous avait régalés l’an passé avec 10.000 litres d’horreur pure, où les flots d’hémoglobine compensaient le QI de certaines blondes… Avec ce recueil de nouvelles, il remet le couvert pour une série de vingt-sept textes, qui sont autant de petits bijoux.

Que ce soient trois ados friqués qui partent au ski, qu’une terroriste va faire exploser ; un chien mort dans une voiture garée face à la plage, qui cause la ruine de toute une famille ; un furet maltraité par son jeune maître, qui va trancher le sexe d’un black d’un coup de dent ; un rat en cage qui protège sa maison de l’invasion imminente d’une meute de rats d’égout ; un assassin né qui attendra 45 ans pour exercer sa véritable profession…

Un venin délicieux se distille au fil des pages, avec tout ce qu’il faut pour déranger, mettre mal à l’aise, voire terrifier. Avez-vous déjà sacrifié un touriste japonais à un ours des Pyrénées pour récupérer votre voiture dans laquelle la bestiole est parvenue à s’enfermer ? Dites-lui simplement que c’est une race de gros chien européen, et qu’il n’a rien à craindre : les bouteilles de vins sont derrière sur la banquette, il n’aura qu’à ouvrir la portière et laisser sortir… la bête.

Du grand art, à savourer avec sa feuille d’impôts pas loin.

  • Assortiments pour une vie meilleure, Thomas Gunzig, Au diable vauvert


Amélie Nothomb est la romancière la plus déconcertante de la scène française. On l’attend du côté de l’autobiographie (ses souvenirs romancés de dame pipi dans une grande entreprise japonaise ou d’apprentie geisha dévalant les pentes du mont Fuji ont fait d’elle une star des rentrées littéraires), et voici qu’on la retrouve en pleine fantaisie. Une fantaisie burlesque, cocasse, loufoque, délirante, diablement enlevée et au titre mystérieusement emprunté au dernier cycle de mélodies de Schubert.

Le héros est un philologue non fumeur qui travaille dans le social à EDF. Il entreprend de détourner un avion afin de l’envoyer percuter la tour Eiffel. Ce sera sa façon de se venger de la femme qui vient de lui faire comprendre qu’elle ne sera jamais celle de sa vie.

Amélie Nothomb apporte un peu de légèreté dans un monde d’une terrifiante gravité. Son nouveau roman est épatant. Et son génie littéraire devient de plus en plus indiscutable.

  • Le voyage d’hiver, Amélie Nothomb, Albin Michel


Lorsque, ce jour-là, Denise Desantis entre dans un magasin pour s’acheter des mouchoirs, elle est pressée et, comme cela se fait dans cette banlieue paisible, elle laisse son dernier-né dans la poussette, devant la porte. Lorsqu’elle ressort, la poussette est toujours là, mais vide. La disparition d’une enfant de treize mois est toujours une affaire douloureuse et compliquée, et le juge Conrad entend suivre ce dossier avec le maximum de rigueur. Homme intègre et pondéré, il veut éviter les débordements fréquents dans ce type de faits divers qui enfièvre les imaginations et excite les médias. Les investigations du juge commencent par l’interrogatoire de Denise Desantis. C’est une femme ordinaire, effacée. Mère de quatre enfants, épouse d’un ouvrier sans grand caractère, elle vit pauvrement mais dignement dans sa petite maison de banlieue. Une femme sans histoires. Et pourtant… Derrière sa détresse, son désespoir évident, le juge est intrigué par la rigueur et la minutie de son témoignage. Quand il s’efforce de retracer la chronologie des événements qui se sont déroulés avant la disparition de l’enfant, elle a réponse à tout, quasiment minute par minute. Toutes les informations qu’elle donne sont vérifiables. Au fil des jours, alors que tout prouve son innocence, la conviction du juge se forge : cette femme a tué son enfant. Il finira par la contraindre aux aveux et elle sera condamnée. Et pourtant…

  • Tu ne jugeras point, Armel Job, Robert Laffont

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