Margiela continue à recycler
Par Manu | 15 juillet 2009 | Catégorie : Mode | Pas de commentaire »
À l’occasion de la semaine de la mode qui s’est tenue début juillet, la maison Martin Margiela a présenté sa nouvelle collection « artisanale », basée uniquement sur de la récupération. Du développement durable version haute couture. L’écologie n’est pas toujours là où on l’attend…
Le belge Martin Margiela, c’est l’homme mystérieux par excellence. Depuis vingt ans que sa maison de haute couture existe, il n’a jamais prétendu faire connaître son visage. Le personnage est si énigmatique que le blanc, couleur pour le moins anonyme, est devenu l’emblème de la griffe. Dans la même veine, les mannequins défilent le visage camouflé par un bas opaque. Cette marque de fabrique est tout-à-fait représentative du mode de fonctionnement du styliste.
Depuis 1989, il a initié une collection dite « artisanale » dont le principe est simple et inchangé depuis le début : les pièces sont uniques (étiquetées d’un numéro 0), leur réalisation demande un savoir-faire de haute technicité, et les matériaux utilisés sont des vêtements, des accessoires ou des objets usagés et parfois neufs récupéré aux 4 coins du monde.
Jugez plutôt : un gilet en faux cils, un smoking en capuchons de stylo Bic, un boléro à franges en tendeurs de vélo, une veste de motard en chaînes recyclées, une fourrure rasée à motifs zébrés, une veste en catadioptres de vélo brisés et montés en mosaïque, etc. La confection d’une seule de ces pièces peut demander jusqu’à 50 heures de travail.

Et pour l’été 2009, on retrouve le « Dégradé de jean », une combinaison asymétrique construite par un assemblage de bandes de jeans plus ou moins délavés. Soit, 7 à 8 jeans et 38 heures de travail.
La « Robe lacets » est entièrement composée à partir de 400 lacets de chaussures d’aspects divers et a nécessité 24 heures de tissage.
Le must : « la robe en peignes » (140 au total) imitant l’écaille et la corne sont coupés et assemblés avec des anneaux métalliques.
Suivent « la tunique cerf-volant », « le boléro en masques de king kong », « le smoking en papier » et « la fourrure de plastique » !

Si vous souhaitez vous mettre au développement durable de façon originale, sachez que cette garde-robe postindustrielle sera proposée dans la dizaine de points de vente que compte la Maison Martin Margiela à travers le monde : Paris (Montpensier et Grenelle), New York, Los Angeles, Milan, Munich, London, Osaka, Tokyo…
- Le site de la Maison Martin Margiela, bip ici




