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Sttellla, un concert sans pression ni faux col #1

« Ca c’est une bonne tranche de belge » dis-je à l’ami pallois qui a profité de ma deuxième invitation à ce spectacle aux 3 Baudets, à défaut de savoir comment classifier Jean-Luc Fonck et ses créations loufoques. Moi qui l’ai connu à travers ses billets truffés de calembours plus ou moins foireux au Jeu des Dictionnaires, voir son groupe Sttellla (qui fête bientôt ses 35 ans) en live, constitue une découverte obligatoire pour connaître l’animal sous toutes ses facettes.


Version N°1 = Le concert de Sttellla vu par Julien, belgophile, 18 ans :

Déjà, en entrant dans la salle, le décor est planté: plus une place de libre et le natif d’Arlon, planté seul sur scène, programme une set-list truquée avec une petite fille prise dans le public, puis annonce, avec son accent ardennais à couper au couteau, un break dans la programmation avant même d’avoir chanté la moindre note. Un quart d’heure plus tard, je trouve une place, en hauteur, derrière Christian Martin, vieux comparse de Fonck (finalement le seul membre à temps plein du groupe). J’ai une bonne vue d’ensemble sur la salle : cinq-six Belges au premier rang, le reste des sièges est occupé par des Franskillons, et trois membres de BiP sont calés sur la gauche de la scène.

L’ambiance est bon enfant : Jean-Luc a mis un réveil à 22h15 pour pas trop dépasser l’horaire. Il est 21h00 quand le show démarre. La demi-douzaine de Belchs’ semble faire plus de bruit que le reste de la salle, mais ce n’est pas pour rien que Sttellla est le groupe wallon qui s’exporte le mieux Outre-Quiévrain : tout le public lui réclame Torremolinos et Le Chien Toto, mais Jean-Luc a une set-list à suivre, alors chaque intermède se résume à une suite de devinettes sur le morceau à venir.

L’occasion de découvrir l’importante panoplie de ce doux-dingue, parmi laquelle une gratte dotée d’une sangle en pilou rose, un canard en plastique et LE synthé ultra-kitsch, arme indispensable de l’artiste seul en scène. A cela vient s’ajouter la tunique fantasque, révélatrice de « A.B. Rose », le dernier opus de Sttellla : une chemise crème, des bas résille et des Converse roses. Le côté surréaliste belge dans toute sa splendeur.

Le concert se déroule sans incident : Jean-Luc Fonck enchaîne les titres et fait le show-man, le public chante avec lui, rigole, applaudit jusqu’à ce qu’arrive Torremolinos (la seule chanson sans calembours du groupe), réclamée à corps et à cris par une foule en délire. Peut-être le clou du spectacle. Jamais l’artiste n’a autant été en communion avec la salle. S’en suivront d’autres chansons, extraites ou non d’A.B. Rose, telles que Manitoba, La Fille de la Météo, Années 80 (ou septante-dix diront certains), A Paris, En Week-End avec Emilie Dequenne, ou encore Robert et Cathy, où le public féminin affronte le public masculin à grands coups de « SALOPE ! » et de « CONNARD ! ». Il est 22H15, le réveil sonne. Jean-Luc achève son morceau et s’enfuit en coulisses, pour mieux réapparaître avec le premier rappel : deux pseudo-volontaires viennent pousser des cris viril, à la Mauresmo, pour l’accompagner sur un nouveau morceau : Gernaine. Il est à noter que l’ami David, de BiP est invité à monter sur scène par Fonck pour prendre tout ce joli monde en photo, mais que lui, à la différence de la mère et la fille (dans le rôle des Claudettes bourrées de testostérone) n’est pas reparti avec un cédé.

Jean-Luc reste, il a promis deux rappels. Le dernier se fait avec Christian Martin, resté dans l’ombre de la régie toute la soirée. Il est affublé d’un costume rose avec pantalon patte d’eph’ de la même couleur et interprète un chouette duo: « On a tous en nous quelque chose d’Euthanasie », le morceau le plus long du spectacle. La star prévient que ce titre était con à mourir et qu’il ne fallait surtout pas chercher à le faire rire, sous peine qu’il ne sache pas le terminer. Reçu 5 sur 5, on a eu la chance de voir le concert se terminer dans de bonnes conditions. Finalement, la salle se rallume et Jean-Luc s’éclipse, suivi de Christian. La salle était déchaînée mais ça ne suffira pas à les faire revenir. L’heure, c’est l’heure, dirons-nous.

On retiendra donc un personnage burlesque, en communication permanente avec son public, qui lance des blagues à tire larigot, avec ses chorégraphies égyptiennes, ses déhanchements de dingue, ses solos de guitare de 12 secondes 1/2, et surtout une belle image de la Wallonie venue visiter Paris, là où tout est gris.
Il est à noter que Sttellla partira cet été 2009 au Québec, à l’occasion du festival « Juste pour Rire » et que Jean-Luc Fonck reviendra à Bruxelles en septembre pour épauler Jacques Mercier, lors de son spectacle « Mercier Go Home » au Théatre de la Toison d’Or.

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