A la Sainte Jeanine, le Nouvel An Belge se radine
Par charline | 3 juin 2008 | Catégorie : Chroniques de BiP, Musique | Pas de commentaire »
2008 sera l’année Belge à Paris (ou ne sera pas), personne ne le sait encore, mais c’est officiel depuis 3 jours… La preuve, nous l’avons fêté vendredi dernier. Vous n’étiez pas là. Nous si.
Allez, on vous raconte… Tchin !
« Trois et demi, deux et quart, un… Bonne année ! »
Nous sommes samedi 31 mai, à 1h07 pétantes, à la Flèche d’Or, à Paris. L’entrée est gratuite toute l’année, mais ce soir, elle coûte cinq euros septante-sept. Un peu de standing, c’est le Nouvel An Belge tout de même !
A 1h30 du matin, la file s’étend encore sur 15 mètres de trottoir. Depuis 20h, beaucoup ont dû renoncer : dans la salle et sur la terrasse où sous les drapeaux belges, l’Affligem coule à flots, c’est « bourré massacre ». Le concept farfelu et le concert de Vive La Fête ont permis à la Flèche d’or de dépasser son record d’affluence : 1.800 personnes.
Un coup de promo tonitruant pour la Belgique, sous forme de buzz déclenché par un Belge de Paris, bénévole, qui a travaillé trois mois avec zéro euros. Gilles Vanneste n’a jamais organisé de soirée, mais il a senti qu’il tenait une bonne idée : « après le nouvel an chinois et le nouvel an russe, fêtés chaque année à Paris, le nouvel an belge ! »
A la Flèche d’or, dont le patron est un pote, « le concept nous a fait rire », explique Camille, « et c’était l’occasion de faire venir chez nous Vive la fête, inaccessible pour nous en temps normal ».
A l’affiche, que du belge : Marcus, DJ Jill, ou Cosy Mozzy vs Jean Montevideo. Seule Marie-France donne une touche française mais « featuring » les Liégeois Miam monster Miam & Jacques Duvall (« Banana split », « La fièvre dans le sang ») et son dernier album a été enregistré et produit en Belgique. Bref, un concept à l’image de la Belgique : il y a un sens dans le non sens. Et ça, les Français ne l’ont pas encore compris : « Ah bon, chez vous c’est le 31 décembre comme tout le monde ? « Un Belge répond : « Ah non, ça change chaque année. Cette fois, ça tombe à la Saint-Jeanine ».
Faire jouer Vive la Fête, c’est l’assurance d’une salle pleine, mais ça coûte 3.500 euros. Et Gilles en a zéro. La Flèche d’Or a donc fait payer l’entrée ultra démocratique et aussi la bière et les snacks, offerts par les sponsors Affligem et Exki. Le but : promouvoir la scène artistique rock et l’esprit belges, et fédérer la communauté belge de Paris, qui l’est déjà un peu grâce à notre cher webzine, partenaire de la soirée. Au même titre que les sites internet des Inrocks, Technikart, Chronicart et Gonzai.
Si Gilles Vanneste avait trouvé les 10.000 euros espérés pour monter sa soirée, il envisageait un défilé dans Paris avec fanfare. Un projet qu’il compte monter l’an prochain. « Des gens m’ont même proposé samedi de faire pareil à New York et Montréal ! Mais je souhaite que ça reste une blague, et pas une entreprise ».
Mais RDV l’année prochaine, à (pas) la même date !
Charline (& Delphine)
Crédit photos : Benoit Derrier et Emmanuel Duprat
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