Dez Mona, jazz, soul, gospel et mélancolie
Par jeanphi | 18 octobre 2007 | Catégorie : Musique | Pas de commentaire »
Le Divan du Monde organisait son « Apéro belge » au mois d’août dernier et invitait les intrigants Dez Mona, un groupe à mille lieux de la scène rock belge actuelle. Une salle néanmoins parfaite à l’ambiance feutrée pour ce concert unique à Paris, en prélude à la sortie de l’album “Moments of Dejection or Despondency”.
BiP : Qui sont les Dez Mona ? Et quelle signification pour ce nom obscur ?
Dez Mona : Nous venons d’Anvers. Je m’appelle Nicolas et je suis le contrebassiste. Nous sommes cinq. Je suis ici avec Grégory. Nous sommes les deux fondateurs du groupe. On a fait un premier disque tous les deux. Puis on a rencontré l’accordéoniste de DAAU qui a fait les premiers concerts avec nous. C’est grâce à lui que nous sommes là car DAAU est passé de nombreuses fois dans cette salle et jouera encore ici au mois de septembre. On a ensuite enregistré le deuxième album avec le quintet. Sinon, le nom vient de Desdemona, un personnage d’Othello de Shakespeare. On a choisi le nom d’une femme parce que la musique est féminine. D’ailleurs la voix de Greg est assez asexuée, voire féminine.
BiP : Premier concert à Paris, juste à côté d’une station qui porte le nom de votre ville, ville qui est très importante pour la vision politique de la Belgique à l’étranger ?
DM : Nous avions déjà fait la musique pour un défilé d’une créatrice flamande l’an dernier à la Cigale. Déjà cette fois là, on logeait dans un hôtel au square d’Anvers. C’est marrant parce que ça veut dire quelque part que la Belgique est à Paris (rires).
BiP : Quelle est l’influence de votre ville sur votre musique car Anvers est également connue pour être le berceau de dEUS, Zita Swoon… ?
DM : Ce sont des gens que l’on connaît. Surtout Rudy Trouvé et Stef-Kamil Carlens. dEUS ne nous a pas influencé. Ce sont peut-être les mêmes, mais on ne peut pas dire que ce qu’ils ont fait dans dEUS ou dans leurs autres projets nous a influencé. Quand j’avais 16 ans, on sentait qu’il y avait moyen de faire quelque chose dans la musique. À Anvers, on dit toujours que si tu joues dans un groupe, tu joues dans 10 groupes. Et ça, c’est bénéfique parce que tu rencontres beaucoup de gens qui t’inspirent.
BiP : Quelles sont vos influences principales, justement ?
DM : Pour le groupe, c’est Nick Cave, mais également des musiciens de jazz. Pour Grégory, ce sont des chanteurs comme Nina Simone que nous reprenons en fin de set. Si on revient à nos influences, cela va de la musique très pop au free jazz et à l’improvisation. C’est ce qui rend notre musique intéressante, je pense. On n’a jamais voulu faire un certain type de musique. On voulait simplement faire de la musique. Et c’est ce qu’on fait. Mais pour les influences, il est impossible de les lister toutes.
BiP : Ca représente quoi pour des artistes flamands de jouer à Paris ?
DM : C’est quelque chose qu’on aimerait faire plus souvent. C’est un pays magnifique. C’est assez difficile en Europe d’exporter sa musique. Et puis, grâce au Thalys, Paris devient la banlieue proche de la Belgique.
BiP : Est-ce plus simple de jouer en France qu’en Belgique francophone ?
DM : Il y a de très bons festivals en Wallonie. On essaie de jouer dans les deux parties du pays. On va maintenant faire une tournée avec Chris de Ghinzu.
BiP : Vous vous sentez belges en tant qu’originaires d’une ville qui représente, pour les journalistes français, le centre politique de la Belgique ?
DM : Le Vlaams Belang n’est pas important. On est belge. On se sent également anversois, flamands et européens. Le Vlaams Belang a détourné des symboles de la Belgique et de la Flandre en symboles fascistes. Et ça, c’est vraiment inquiétant et dommage.
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Une vidéo de la soirée, le Divan du Monde aux allures de cabaret jazz…



