Mademoiselle Emilie, le trop-plein d’émotion
Par djs | 14 mars 2006 | Catégorie : Scènes | Pas de commentaire »
Emilie Dequenne incarne l’héroïne de Strindberg avec beaucoup de conviction, dans une mise en scène qui n’exploite pas toutes les tonalités d’un texte pourtant tout en contraste.
Mademoiselle Julie, d’August Strindberg, avec Emilie Dequenne, Bruno Wolkowitch et Christine Citti. Mise en scène par Didier Long, jusq’au 30 avril, au théâtre Marigny, à 21h (sf lund ; 16h sam. et dim.), 30 et 40 €. Etudiants (-26 ans) : 15€ (sf samedi soir).
L’Histoire
La nuit des feux de la Saint-Jean, sous l’influence de l’excitation charnelle de la danse, Mademoiselle Julie et le domestique de son père se jouent de la démarcation entre rêves et réalité pour descendre dans les enfers de la séduction.
L’Avis de BiP
Emilie Dequenne a plutôt réussi sa première montée sur les planches. Sensuelle, à fleur de peau, hystérique. Elle a l’âge de son rôle (24 ans) ce qui ne fut pas toujours le cas dans les productions précédentes. Mais cette jeunesse se laisse parfois emporter par le texte quand celui-ci devrait être dominé. Emilie Dequenne – et son amant Bruno Wolkowitch – décochent leurs répliques sans toujours avoir le ton. Et les silences ne viennent pas toujours à propos.
Strindberg ne raconte pas l’histoire d’une petite sotte de l’aristocratie séduite par son majordome cynique. Si la mise en scène, le jeu des acteurs, le rythme de la pièce réduisent le texte à ce propos de soap-opéra brésilien, alors le pari est raté. L’est-il cette fois ? Ce serait être trop sévère avec cette réalisation très bien réussie. Reste que, ce vendredi-là, le public a ri jusque dans les moments les plus tragiques. Encore aurait-il ri jaune ou nerveusement pour se soulager d’une insupportable tension… Mais, non, il riait de bon cœur devant ce qui n’était plus qu’une tragi-comédie.
Plus de surf
- Le site du théâtre Marigny, bip ici
: Une « Mademoiselle Julie » sans émotion




