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Chouette, j’ai les boules !

Ne dites pas « les fêtes m’énervent » dites plutôt « chouette, j’ai les boules »



Saint-Nicolas, Noël et même Nouvel an, décembre est pour les petits Belges le mois des chiques et des chiquelettes (ou Chicklet, comme la marque américaine). Ces dernières sont, simplement, la gomme à mâcher que les Français ne désignent plus guère que par chewing-gum. Les premières ne sont pas, bien entendu, du tabac à mâcher, mais des bonbons. Les francophones de Belgique, à l’exception des Liégeois, parleront plus volontiers de boules et, parfois de boules sures si celles-ci sont acidulées. Quoiqu’il en soit, tous – ou presque – s’accordent à réserver le terme de bonbons aux biscuits des Français. Il y a de quoi battre le beurre (s’embrouiller).

Plutôt que de se gaver de babeluttes (bonbons au miel vendus à la mer, c’est-à-dire dans les villes du littoral) – un avis de Jean, bip ici – ou de cuberdons (bonbons coniques à base de sucre et de gomme arabique), certains gamins aiment autant – préfèrent, en français de France – le chocolat. Ils le dégusteront en bâton et non en barre, ou sous forme de pralines. Les pralines sont des bouchées au chocolat et non des amandes ou des noisettes grillées et enrobées de sucre. Les Français les appellent, par synecdoque, les chocolats. Les Belges sont particulièrement friands des manons, bouchées de chocolat blanc fourrées de crème au beurre aromatisée au café. Ils les emportent dans des ballotins, de petites boîtes inventées par le Suisse Neuhaus, installé à Bruxelles.

Couilles de suisse

Noël est surtout l’occasion de s’empiffrer de cougnous, des petits pains briochés parfois garnis de perles de sucre. Avec du chocolat chaud, c’est un délice – un avis d’Hubert, bip ici. Le reste de l’année, on prendra pour le quatre-heures (le goûter) du cramique ou du craquelin. Il s’agit de grosses brioches, l’une garnie de raisins de Corinthe, l’autre d’éclats de sucre fondu. Rien de commun avec le petit gâteau sec et croquant décrit par Larousse.

Les plus gourmands opteront pour la couque suisse, dont les Helvètes n’ont jamais entendu parler et qui, selon certains linguistes, serait un dérivé de couilles de Suisse. Il s’agit d’un serpentin de brioche, enroulé sur lui-même, serti de raisins secs, fourré d’un peu de crème pâtissière et glacé de sucre. On parle parfois de baulus ou bolus. Les Français désignent tristement ce bijou pâtissier par « pain aux raisins ». « C’est assez bien sucré », comme reconnaissent les Belges qui signifient par là que c’est « très » ou « plutôt » sucré – un avis d’Hubert, bip ici.

Nic-nacs tip-top

Mais, en Belgique, les couques ne sont pas seulement suisses. Elles sont encore de Dinant quand elles ressemblent à un spéculoos (on ne vous fait plus l’affront de définir ce qu’est un spéculoos) très dur, vraiment très dur. Elles sont parfois « au beurre », « à la crème » quand elles désignent des petites brioches fourrées de crème pâtissière et/ou couvertes de sucre impalpable (de sucre glace, quoi !). Dures, moelleuses, sucrées, aux raisins, fourrées de crème, on l’aura compris, les Belges ont tout testé. Ils proposent même une pâtisserie dure à s’en casser les quenottes, couverte de perles de sucre. C’est le pain à la grecque que jamais de mémoire d’Hellène on n’a cuit sous les oliviers.

Nous vous passons les gosettes (chaussons), les merveilleux (sorte de têtes-de-nègre), la tarte aux matons (au lait caillé). Mais nous ne voudrions pas terminer sans évoquer la plus humble des friandises, les nic-nacs, petits biscuits (de marin ou de soldat) en forme de lettres de 2 cm qui nous permirent, enfants, de patienter entre … le dessert et le goûter !

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  • A lire :
    « Le Belge dans tous ses états »,
    Georges Lebouc, Editions Bonneton,
    159pp., 10 euros

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  1. des cuberdons dans le monde entier

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