Impalpââââââp
Par djs | 9 avril 2005 | Catégorie : Dico franco-belge | Pas de commentaire »Ne dites pas « suc impalpâp » dites plutôt « sucre glace »
Belges de France qui voudriez masquer vos origines – soit que vous en ayez honte, soit que vous vouliez pousser à l’extrême l’intégration, il vous faut vous méfier des belgicismes, certes, mais plus encore des prononciations dénonciatrices.
A dire vrai, il est peu probable, sauf à subir une opération chirurgicale de l’appareil vocal, que vous réussissiez un jour à prononcer le chiffre « huit » correctement. Dit « houit », il trahira une enfance passée outre-Quiévrain (à ce propos, le Quiévrain ne coule nulle part, c’est un village belge). Essayez « uwit » et vous voilà rangé dans le lot des Rémois, Nancéens et autres Messins. Ce qui, au passage, n’est pas déshonorant : un de nos illustres rédacteurs relève de ce groupe linguistique trop souvent moqué par ses compatriotes.
Avec ou sans ?
Autre formule piège : le « dis-moi ce qu’c’est [se ksè] ». Le français n’admet pour tout escamotage que le suivant : « dis-moi c’que c’est [ske sè]. Le piège est vicieux et on n’y échappe qu’à force de longues heures de répétitions. Dans la même veine, pour demander à son interlocuteur de répéter ce qu’il vient de dire, mieux vaut éviter un « Quoi, dis ? » très belge et demander, plus sobrement : « pardon ? ».
De même, on évitera de proposer : « Alors, tu viens avec ? » Car, allez savoir pour quoi, le français de France impose que l’on aille en cette circonstance jusqu’au bout de sa question : « Je disais : ‘tu viens avec nous ?’ ». Comme si le « nous », dont le Belge fait l’économie, ne pouvait pas être sous-entendu.
Une erreur beaucoup plus vulgaire consisterait à assourdir la consonne finale ou d’escamoter une syllabe. On entend les Français dire « quat’ » pour « quatre ». C’est de l’amateurisme comparé aux remarquables « tîk’ » pour « tigre », « sâp » pour « sable » ou « suc impalpâp » pour « sucre impalpable »… Euh « sucre glace ».




