Que de carabistouilles
Par djs | 28 février 2005 | Catégorie : Dico franco-belge | Pas de commentaire »Ne dites pas « carabistouilles » dites plutôt « Oui, j’ai 600 m2″
Hervé Gaymard l’a appris à ses dépens. L’électeur n’aime pas qu’on lui raconte des carabistouilles. Enfin, l’électeur wallon n’aime pas les carabistouilles, car son homologue français a plutôt en aversion les bobards voire les calembredaines, même si ce mot est un peu tombé en désuétude.
Les Wallons semblent apprécier les suffixes en -ouille. C’est ainsi qu’ils ont construit le mot bisbrouille, contraction de bisbille – petite querelle – et de brouille – querelle moyenne. Et, s’il y a bisbille, c’est qu’il y a matière à berdeller, c’est-à-dire, en bon bruxellois, à faire des reproches, à ronchonner. Et si la discussion tourne au vinaigre, s’il y a une brette – une vive altercation -, le français de Belgique est riche en jurons et autres insultes qui paraîtront étrangers aux Français jusque dans leur sonorité.
Insultes en série
Nous suggérons un zot ! (sot), un snul ! (nul) ou un zinneke (corniaud) pour ouvrir les hostilités. On franchira alors un degré en lançant un sukkeleer ! (pauvre type). Et, si l’on a pas affaire à un castar (Hanse ne met pas de « d »), on se risquera même à un smeerlap ! (salaud). L’intéressé en restera tout paf, c’est-à-dire déconcerté et non ivre comme le signifie cette expression du côté français.
Si le rival est musclé, alors mieux vaut ne pas faire de son nez ni le dikke nek, c’est-à-dire prendre des grands airs. Sans quoi, bardaf ! (patatras !) : on risque quelques griffes (des égratignures), quelques accroche-pied (crocs-en-jambe) et de se retrouver, en fin de compte, avec les vêtements tout skettés (abîmés). Au risque de passer pour un manche-à-balles, un frotte-manche, bref un lécheur de bottes, mieux vaut faire profil bas et éviter la margaille, ce qui, en bon wallon, signifie éviter le brol. Le bordel quoi !




