La loque à reloqueter
Par djs | 20 janvier 2005 | Catégorie : Dico franco-belge | Pas de commentaire »Ne dites pas « loque à reloqueter » dites plutôt « frotte et tais-toi »
Au moment d’entreprendre le nettoyage de printemps, Belges et Français feront bien de s’entendre sur le vocabulaire. Car, en matière de langage, le dira-t-on jamais assez, l’important, selon que l’on se trouve à Paris ou en Belgique, est d’utiliser le mot propre. On ne chicanera pas sur l’utilisation du mot brosse auquel les Français préféreront le terme balai voire balai-brosse.
Mais une fois la poussière rassemblée en petits monticules, le Belge réclamera en vain une ramassette. Ce mot, pourtant fort commode, n’existe pas en France où l’on parle de ramasse-poussière, voire de pelle à poussière, comme l’on dirait pelle à tarte. Faut-il préciser qu’on ne parlera pas non plus du côté de Paris, de loque à poussière, pour parler du chiffon, et encore moins de loque à reloqueter qui, en Wallonie et à Bruxelles, fait briller, briquer, ou plutôt, blinquer les cuivres et argents. Notons au passage que les Suisses utilisent volontiers la patte à poussière.
La plonge
L’affaire se complique encore pour les histoires d’eau. Les Français sèchent la vaisselle à l’aide d’un torchon, ce qui choquera sans doute les Belges pour qui ce terme désigne la serpillière… Non ! pour les assiettes et couverts dégoulinants, les francophones du nord utilisent l’essuie de vaisselle. Ils précisent « de vaisselle » car ils ont aussi un essuie de bain qu’ils appelleront parfois un drap. Mais pas un drap de bain, car il s’agirait alors, comme parfois en France, de la grande serviette éponge utilisée à la plage ou à la piscine.
A ce propos, la serviette s’utilise dans la salle-de-bain dans l’Hexagone et aussi, comme en Belgique, à table. Entre les deux, il est vrai, la différence est de taille ou n’est que de taille. Ces particularismes de langage et autres régionalismes seront matière à s’astiquer… euh à s’asticoter gentiment entre voisins.




